La poche malaire n'est pas de la graisse.
Ni un ptosis un excès de peau, ni le nanofat un produit de comblement. Vingt-cinq mots de la chirurgie du regard, définis par le chirurgien qui les emploie. Et pour six d'entre eux, la vidéo où il l'explique.
Dr Bernard Hayot · ophtalmologiste, ancien chef de clinique, formé en chirurgie oculo-plastique. Trente ans de microchirurgie, consacrés au regard et aux paupières. Paris 8e · RPPS 10003926226.
Sur la pommette, pas sous l'œil.
Il s'agit d'une tuméfaction située plus bas, en regard de l'os malaire, et de nature différente : non pas de la graisse, mais un œdème lymphatique lié à un ralentissement du drainage.
Ce que ça changeIl faut savoir retendre le muscle orbiculaire par un lifting sous-musculaire, et y associer une micro-lipostructure qui va entourer la poche malaire pour la masquer.
Un problème de muscle, pas de peau.
Ce que l'on pense être une différence entre les deux paupières est en réalité, le plus souvent, une asymétrie de sourcils. La paupière et le sourcil forment une seule unité anatomique : le muscle frontal soulève le sourcil pour compenser, mais c'est la paupière qui descend.
Ce que ça changeLe piège ? Traiter le sourcil sans avoir diagnostiqué le ptosis.
Pas un produit de comblement.
C'est une suspension cellulaire vivante, riche en cellules souches mésenchymateuses et en facteurs de croissance. Injecté dans le derme, il stimule la régénération tissulaire, relance la microcirculation et améliore la qualité du collagène.
Ce que ça changeOn l'emploie pour réparer une peau fragilisée : zones pigmentées sous les yeux, ridules, perte d'élasticité.
Les tissus profonds, pas la peau.
Contrairement aux liftings cervico-faciaux classiques qui tirent la peau, le deep plane repositionne les tissus en profondeur, sous le plan musculaire. Ce geste n'étire pas la peau : il restaure la structure.
Ce que ça changeLe visage reste expressif, vivant.
Plusieurs excès conjugués.
À la paupière supérieure, on a retiré trop de peau et de muscle sans tenir compte de la fonte graisseuse propre à cette région. Aux paupières inférieures, on a été trop agressif dans l'ablation des poches, sans tenir compte non plus du traitement du cerne creux.
Ce que ça changeC'est une des principales indications de la restauration par lipostructure : rendre le volume qui a été enlevé.
Ce qui est injecté doit pouvoir être retiré.
L'un des seuls avantages de l'acide hyaluronique est qu'il peut être entièrement retiré grâce à un antidote : la hyaluronidase. Elle dissout l'acide hyaluronique quand il ne se résorbe pas, ou quand l'injection a été excessive.
Ce que ça changeC'est ce qui rend ce produit acceptable, et ce qui fait écarter tous les autres.
Les vingt-cinq mots
Chaque terme, sa définition, dans les mots du Dr Hayot.
Le regard
Blépharoplastie
La blépharoplastie est la chirurgie des paupières. Elle corrige l'excès de peau et les poches graisseuses qui alourdissent le regard. Elle peut être supérieure, inférieure, ou les deux.
Blépharoplastie classique
La blépharoplastie classique est la technique historique, par voie cutanée, centrée sur le retrait de peau et de graisse. Elle allège le regard mais, mal dosée, elle peut le creuser en enlevant trop de volume.
Blépharoplastie transconjonctivale
La blépharoplastie transconjonctivale est une chirurgie des paupières par voie interne, sans cicatrice cutanée visible. Associée au laser CO₂, elle traite les poches et la qualité de peau du regard, sans retirer de volume à l'excès.
Ptosis
Le ptosis est la chute de la paupière supérieure liée à un muscle releveur défaillant. À distinguer de l'excès de peau : le ptosis est un problème de muscle, pas de peau, et sa correction est différente.
Canthopexie
La canthopexie est le repositionnement et la fixation de l'angle externe de l'œil, sans le sectionner. Elle raffermit et redresse le regard. La canthoplastie, plus invasive, sectionne le tendon, réservée à des indications précises.
Poche malaire
Aussi : œdème malaire, festons malairesContrairement à une idée répandue, la poche malaire n'est pas une poche de graisse sous les yeux. Il s'agit d'une tuméfaction située plus bas, en regard de l'os malaire (la pommette), et de nature différente : non pas de la graisse, mais un œdème lymphatique lié à un ralentissement du drainage. Cette distinction est essentielle, car la poche malaire ne se traite pas du tout de la même manière qu'une poche graisseuse palpébrale.
Après une chirurgie
Œil creux postopératoire
Aussi : œil creux post-blépharoplastieL'œil creux survenant après une blépharoplastie trop agressive résulte de plusieurs excès conjugués. À la paupière supérieure, on a retiré trop de peau et de muscle sans tenir compte de la fonte graisseuse propre à cette région. Aux paupières inférieures, on a été trop agressif dans l'ablation des poches, sans tenir compte non plus du traitement du cerne creux. C'est une des principales indications de la restauration par lipostructure : rendre le volume qui a été enlevé.
Œil rond postopératoire
Aussi : scleral showL'œil rond survient surtout après les blépharoplasties classiques, c'est-à-dire par voie antérieure au niveau de la paupière inférieure. Il se manifeste par un scleral show : l'apparition de blanc (sclère) visible entre la cornée et la paupière inférieure en position primaire du regard.
Lagophtalmie
La lagophtalmie est l'impossibilité de fermer complètement l'œil, se manifestant surtout la nuit. Elle apparaît après une blépharoplastie également trop agressive.
Ectropion
L'ectropion représente le cas extrême de complication après blépharoplastie : la paupière est éversée (retournée vers l'extérieur) et ne touche plus le globe oculaire. Elle perd ainsi sa fonction de protection, ce qui entraîne de nombreux symptômes ophtalmologiques : larmoiement, irritation, etc.
Œil sec postopératoire
L'œil sec après blépharoplastie survient surtout après une blépharoplastie supérieure, lorsqu'il existait un syndrome d'œil sec préexistant qui n'a pas été compensé par des traitements adéquats en postopératoire.
La graisse
Lipostructure
La lipostructure est une technique de restauration par la graisse autologue. On prélève, on prépare et on réinjecte votre propre tissu adipeux pour rendre le volume perdu. Matière vivante, biocompatible, durable.
Défibrosage
Le défibrosage de la graisse est une étape essentielle de la microlipostructure. Il consiste à retirer les membranes fibreuses qui entourent les adipocytes. Cette fibrose est en quelque sorte l'ennemie de la lipostructure : elle bouche les canules et empêche le passage dans des microcanules, d'où le terme de microlipostructure. Elle est surtout souvent responsable de kystes indurés en postopératoire.
Microfat
Le microfat est une graisse défibrosée, puis passée à travers une microcanule pour obtenir de fines particules destinées à restaurer le volume. Elle s'intègre dans les plans profonds du visage.
Nanofat
Le nanofat est une graisse fragmentée et filtrée, dépourvue de volume mais riche en éléments régénérants. Elle ne comble pas : elle améliore la qualité de peau, la texture, la pigmentation.
Fraction vasculaire stromale (SVF)
La fraction vasculaire stromale est un concentré de cellules régénératrices issu du tissu adipeux. Elle soutient l'intégration de la graisse et la qualité tissulaire.
Le visage
Deep plane
Le deep plane est un lifting agissant sous le muscle, sur les vrais plans de soutien du visage. Il repositionne les tissus en profondeur, sans tension cutanée. À distinguer du lifting par traction de peau, plus superficiel et moins durable.
Endoscopie frontale
L'endoscopie frontale est un abord du front et du sourcil par mini-incisions, sous contrôle vidéo. Elle permet de repositionner le sourcil et l'angle externe avec un minimum de cicatrices.
Les injectables
Réversibilité
Ce qui est injecté doit pouvoir être retiré. C'est la règle qui gouverne le choix des produits : l'acide hyaluronique est retenu parce que la hyaluronidase permet de le dissoudre. Les produits non réversibles sont écartés, non pour leur efficacité mais parce qu'ils ne laissent aucun retour en arrière possible.
Acide hyaluronique
L'acide hyaluronique est le seul produit injectable synthétique que j'utilise, parce qu'il est réversible par la hyaluronidase. Il restaure du volume de façon temporaire. Ce qui est injecté doit pouvoir être retiré.
Hyaluronidase
La hyaluronidase est l'enzyme qui dissout l'acide hyaluronique. C'est elle qui rend ce produit réversible, et donc acceptable. En cas d'excès ou d'accident, elle permet de revenir en arrière.
Acide poly-L-lactique
L'acide poly-L-lactique est un produit synthétique stimulant la formation de collagène. Je ne l'utilise pas : il n'est pas réversible et peut exposer à une réaction inflammatoire à corps étranger et à l'encapsulation fibreuse.
Hydroxyapatite de calcium
L'hydroxyapatite de calcium est un produit synthétique volumateur, non réversible. Je ne l'utilise pas, pour les mêmes raisons : risque de réponse inflammatoire à corps étranger et d'encapsulation fibreuse.
Les technologies
Laser CO₂
Le laser CO₂ est celui que j'utilise pour traiter la qualité de peau : rides fines, relâchement, texture. Associé à la blépharoplastie transconjonctivale, il resurface la peau des paupières sans cicatrice cutanée. Il agit sur l'enveloppe, là où la graisse restaure le volume, et les deux gestes se complètent.
Radiofréquence micro-aiguilletée
La radiofréquence micro-aiguilletée est efficace sur certaines indications de peau. Elle n'est pas un substitut chirurgical, et son usage excessif peut exposer à la fonte graisseuse et à la fibrose.
Ce lexique s'enrichit au fil des consultations. Il a une visée pédagogique et ne remplace pas un avis médical : chaque indication se juge sur un examen.